L’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales en République Démocratique du Congo (IRI-RDC) a lancé ce 25 août 2026 à Muanda, sa Formation immersive des leaders religieux et acteurs locaux, Cette activité s’inscrit dans le déploiement de la campagne « Pas de forêts, Pas d’Avenir », qui vise à renforcer l’engagement des communautés religieuses dans la protection des forêts, des mangroves et de la biodiversité. »
La rencontre réunit plusieurs confessions religieuses, notamment l’Église catholique, l’Église du Christ au Congo (ECC), la Communauté islamique au Congo (COMICO), la Foi Bahá’íe et les Églises de Réveil. Des organisations de la société civile, des représentants des communautés locales et des autorités politico-administratives, dont les chefs de secteurs, participent également aux travaux.
Dans son mot de bienvenue et de circonstance, le Président de l’ECC à Muanda a salué la présence des différentes confessions religieuses et des autorités locales. Il a présenté cette rencontre comme une occasion de renforcer la fraternité interreligieuse autour d’une responsabilité commune : la sauvegarde de la création et la protection du patrimoine naturel. Il a appelé les participants à faire de cette formation le point de départ d’une mobilisation durable. Selon lui, les responsables religieux doivent utiliser leurs lieux de culte et leurs réseaux communautaires pour sensibiliser les populations, encourager les bonnes pratiques et contribuer à la lutte contre la dégradation des écosystèmes. À Muanda, l’enjeu est particulièrement important. Les mangroves du littoral protègent les côtes et abritent une importante biodiversité. Elles constituent aussi des zones de reproduction et de croissance pour les poissons, les crevettes, les crabes et d’autres espèces aquatiques dont dépendent la pêche et les revenus de nombreuses familles. Mais ces écosystèmes sont menacés par la coupe du bois, la production de bois-énergie et l’occupation croissante des espaces naturels.
À l’ouverture de la formation, le Facilitateur national de l’IRI-RDC a rappelé que l’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales repose sur la mobilisation de l’autorité morale, spirituelle et sociale des communautés religieuses. Son objectif est de faire des leaders religieux des acteurs engagés dans la protection des forêts tropicales et dans la défense des populations qui en dépendent. Il a insisté sur la nécessité de dépasser le cadre ponctuel de la formation. Pour lui, les enseignements reçus doivent être relayés dans les églises, les mosquées, les temples et les communautés, à travers les prédications, les enseignements religieux, les émissions confessionnelles, les rencontres de jeunes et de femmes ainsi que les activités communautaires. Le Facilitateur national a également appelé les confessions religieuses à élaborer leurs propres plans d’action. Ces plans devraient prévoir des activités régulières de sensibilisation, de reboisement, de protection des mangroves, de plaidoyer auprès des autorités et de suivi des atteintes à l’environnement. Il a souligné que la crédibilité de la campagne « Pas de forêts, Pas d’Avenir » dépendra de la capacité des leaders religieux à transformer leur engagement en actions concrètes et continues.
De son côté, le délégué de l’Administrateur du territoire a salué l’initiative et la participation des différentes composantes de la société. Il a insisté sur la proximité des responsables religieux avec les populations et sur leur capacité à influencer les comportements au sein des communautés. Il a appelé les participants à sensibiliser les habitants sur les conséquences de la destruction des forêts et des mangroves, tout en encourageant une collaboration étroite entre les confessions religieuses, les services publics, les organisations de la société civile, les autorités coutumières et les communautés locales. L’administration territoriale s’est dite disposée à accompagner les initiatives en faveur de la protection des ressources naturelles et de la participation citoyenne.
La formation doit déboucher sur un plan de déploiement provincial de la campagne et sur une stratégie de plaidoyer interreligieux. À travers cette démarche, l’IRI-RDC veut faire des confessions religieuses de véritables relais de mobilisation en faveur des écosystèmes du Kongo Central.
À Muanda, le message est clair : « protéger les mangroves, c’est protéger les communautés qui en vivent et préserver l’avenir des générations futures. »


