Du 13 au 16 août 2026, le village Mboka Polo, sur le Plateau de Bateke, a accueilli un atelier de formation des formateurs organisé par l’Église du Christ au Congo (ECC) en partenariat avec l’IRI-RDC. Cet atelier s’inscrit dans le déploiement de la campagne nationale « Pas de Forêts, Pas d’Avenir », officiellement lancée le 4 août 2026 à Kinshasa. En s’appropriant cette initiative, l’ECC mobilise ses responsables religieux pour devenir des relais dans leurs communautés.
Trente d’entre eux ont été formés afin de sensibiliser à la protection des forêts, à l’entrepreneuriat agricole et à la valorisation des déchets. Chacun devra à son tour former environ cent personnes dans son milieu, permettant d’atteindre près de 3 000 personnes en un trimestre. Le choix du Plateau de Bateke est stratégique : cette région est l’un des foyers les plus touchés par la déforestation, principalement liée à la production massive de charbon de bois. L’atelier marque donc une étape importante dans le déploiement communautaire et spirituel de la campagne, en inscrivant les villages dans une dynamique de durabilité et de protection de la création.
1. Constats et enjeux locaux

Les villages Mboka Polo et Bita disposent de terres fertiles et d’une population jeune, mais ils sont confrontés à une dégradation rapide de leur environnement. Les habitants observent une baisse de la fertilité des sols, une diminution des forêts et une variabilité accrue des saisons. Ces phénomènes fragilisent la sécurité alimentaire et menacent la stabilité des familles. La sécheresse et les changements climatiques accentuent les difficultés. Les récoltes sont de plus en plus faibles, ce qui réduit les revenus des ménages et limite leur capacité à investir dans des pratiques agricoles durables. Les communautés se retrouvent dans une spirale de pauvreté et de vulnérabilité. La déforestation, accentuée par la production de charbon de bois, prive les villages de ressources essentielles. Les arbres disparaissent, entraînant une perte de biodiversité et une aggravation de l’érosion des sols. Cette situation compromet la capacité des communautés à se nourrir et à se développer. La mauvaise gestion des déchets constitue un autre défi majeur. Les déchets s’accumulent, polluent l’environnement et représentent un danger pour la santé publique. Pourtant, ces déchets pourraient être transformés en ressources utiles, générant des revenus et améliorant les conditions de vie.
L’atelier visait à répondre à ces défis en proposant des solutions pratiques et adaptées au contexte local. Il s’agissait de montrer que les communautés disposent des moyens nécessaires pour transformer leurs difficultés en opportunités. La justification de l’atelier repose donc sur la nécessité de créer une dynamique collective autour de la protection de la création et du développement durable. En mobilisant les responsables religieux, l’ECC-CJPSC a voulu donner une dimension spirituelle et communautaire à cette mobilisation.
2. La Campagne Pas de Forêts, Pas d’Avenir : Mobiliser les responsables religieux pour une sensibilisation massive :
Monsieur BENIT MOKE, Responsable de la Communication de l’Initiative Interreligieuse pour les Forêts Tropicales (IRI-RDC)a rappelé que la campagne « Pas de Forêts, Pas d’Avenir » a été officiellement lancée au niveau national le 4 août 2026 au Centre interdiocésain de la CENCO. Cette campagne vise à sensibiliser les communautés religieuses et locales sur l’importance vitale des forêts tropicales pour la survie des familles, la sécurité alimentaire et la lutte contre les changements climatiques. L’orateur a insisté sur le rôle central des responsables religieux, appelés à devenir des relais de cette campagne dans leurs églises et communautés, afin de toucher un large public.
Il a souligné que le Plateau de Bateke est l’un des foyers les plus touchés par la déforestation, principalement à cause de la production massive de charbon de bois et de pratiques agricoles non durables. Cette situation entraîne une érosion accélérée des sols, une baisse de la fertilité et une vulnérabilité accrue des populations locales. Dans ce contexte, la campagne prend tout son sens : elle rappelle que la disparition des arbres menace directement l’avenir des villages et la résilience des familles.
Il a mis en avant la stratégie de dissémination adoptée par l’ECC et l’IRI : trente responsables religieux ont été formés comme « formateurs de formateurs », chacun devant à son tour sensibiliser environ cent personnes dans son milieu. Cette approche permettra d’atteindre près de trois mille personnes au cours du trimestre, créant un effet d’entraînement et une mobilisation communautaire de grande ampleur. L’impact attendu est une prise de conscience généralisée et une transformation progressive des pratiques locales, avec une forte implication des jeunes et des femmes.
En conclusion, l’orateur a recommandé de renforcer la sensibilisation par des actions concrètes : encourager la plantation d’arbres, promouvoir des alternatives au charbon de bois, valoriser les déchets par des activités génératrices de revenus et soutenir la mise en place de coopératives agricoles et environnementales. Dans le contexte du Plateau de Bateke, ces recommandations sont essentielles pour inverser la tendance de la déforestation et inscrire les communautés dans une dynamique durable de protection de la création.
3. Mieux cultiver face aux changements climatiques : Mobilisation communautaire et pratiques agricoles durables au Plateau de Bateke


Le Révérend Pasteur Serge Mukutwa Mulol, Directeur du Programme Sauvegarde de la Création – ECC-CJPSC, a d’abord insisté sur la mobilisation communautaire et la sensibilisation comme piliers de la formation. Selon lui, il ne suffit pas de transmettre des connaissances techniques : il faut avant tout éveiller la conscience des communautés sur les menaces qui pèsent sur leur environnement. La sensibilisation doit se dérouler en plusieurs étapes : informer sur les dangers liés à la déforestation et aux changements climatiques, susciter l’adhésion des populations en leur montrant les bénéfices d’une gestion durable des ressources, puis engager des actions concrètes qui transforment les pratiques quotidiennes. Dans le Plateau de Bateke, où la coupe des arbres pour la production de charbon de bois est une réalité quotidienne, cette mobilisation est indispensable pour inverser la tendance et protéger les ressources naturelles.
Son intervention a ensuite porté sur le thème « Mieux cultiver face aux changements climatiques », en mettant en avant des pratiques agricoles adaptées. Il a expliqué que la protection du sol est une priorité, car l’érosion et la perte de fertilité menacent directement la sécurité alimentaire des familles. La conservation de l’humidité, par des techniques simples comme le paillage ou l’utilisation de haies vives, permet de maintenir la productivité malgré la variabilité des saisons. La plantation d’arbres a été présentée comme une double solution : restaurer les forêts et améliorer les rendements agricoles grâce à l’agroforesterie. Enfin, la diversification des cultures et l’amélioration de la production ont été encouragées pour réduire la dépendance à une seule source de revenu et renforcer la résilience des ménages.
4. Transformer les déchets en produits utiles : collecte et tri, charbon écologique, pavés écologiques et petites activités génératrices de revenus.

Le Révérend Pasteur Jean-Claude Tshibangu a expliqué que la collecte et le tri des déchets constituent la première étape indispensable pour leur valorisation. Dans les villages du Plateau de Bateke, les déchets ménagers et agricoles sont souvent abandonnés ou brûlés, ce qui contribue à la pollution et à la dégradation de l’environnement. Il a insisté sur la nécessité de sensibiliser les communautés à l’importance de séparer les déchets organiques des plastiques et autres matériaux, afin de faciliter leur transformation en produits utiles. Il a ensuite présenté la fabrication du charbon écologique, une alternative durable au charbon de bois traditionnel. Ce procédé permet de réduire la pression sur les forêts, tout en offrant une source d’énergie accessible aux familles. Dans le Plateau de Bateke, où la coupe des arbres pour la production de charbon est l’une des principales causes de déforestation, cette innovation représente une solution concrète pour préserver les ressources naturelles et améliorer les conditions de vie.
Le Pasteur Tshibangu a également montré comment les déchets peuvent être transformés en pavés écologiques, utilisés pour l’aménagement des routes et des espaces publics. Cette activité génère des revenus supplémentaires pour les communautés et contribue à l’amélioration des infrastructures locales. Les démonstrations pratiques ont permis aux participants de constater que les déchets, souvent perçus comme inutiles, peuvent devenir des matériaux de construction solides et durables.
Enfin, il a encouragé les participants à développer de petites activités génératrices de revenus liées à la valorisation des déchets, telles que la production de compost pour l’agriculture ou la création d’objets artisanaux à partir de matériaux recyclés.


