L’Initiative Interreligieuse pour les Forêts Tropicales en République Démocratique du Congo (IRI-RDC) a pris une part active à l’atelier de consolidation des contributions de la société civile au processus de réforme du Code forestier congolais. Organisé à Kinshasa par CODELT, avec l’appui de l’European Forest Institute (EFI) et de la Coopération britannique (UKAid), cet atelier a réuni une quarantaine de participants dans la salle Kahuzi-Biega du 18-19 août 2026 à Kinshasa.
Durant deux journées de travaux, des représentants des organisations de la société civile, des services étatiques, du secteur privé forestier, du monde scientifique, des peuples autochtones pygmées, des femmes et des jeunes ont confronté leurs analyses et propositions en vue de dégager une position commune et concertée de la société civile sur le projet de loi portant révision du Code forestier de 2002.
La première journée a permis de rappeler le contexte et les principales étapes du processus de réforme. Dans son intervention, Augustin Mpoyi a présenté l’état des lieux du projet de loi ainsi que les perspectives de son évolution, soulignant notamment la nécessité d’adapter le cadre juridique forestier aux nouvelles orientations de la Politique Forestière Nationale adoptée en juillet 2026.
La présentation des contributions compilées de la société civile, assurée par Floribert Nyamwoga, a ensuite permis d’identifier les principales tendances, les points de convergence ainsi que les questions nécessitant des discussions approfondies. Les échanges ont notamment porté sur la reconnaissance des droits coutumiers, la foresterie communautaire, la sécurisation des concessions forestières des communautés locales (CFCL), la traçabilité des produits forestiers, l’observation indépendante ainsi que la participation effective des femmes, des jeunes et des peuples autochtones pygmées à la gouvernance forestière.
L’IRI-RDC plaide pour une réforme intégrant les dimensions sociales, culturelles et spirituelles
Au cours des discussions, l’IRI-RDC a particulièrement insisté sur la nécessité d’aller au-delà d’une approche exclusivement technique et juridique de la réforme forestière. En sa qualité de plateforme interreligieuse engagée dans la protection des forêts tropicales, elle a rappelé que les forêts représentent non seulement des ressources naturelles et économiques, mais également des espaces de vie, de culture, de spiritualité et de transmission intergénérationnelle pour de nombreuses communautés locales et peuples autochtones pygmées.
À ce titre, l’IRI-RDC a plaidé pour que le futur Code forestier renforce la reconnaissance et la sécurisation des droits coutumiers, protège les sites sacrés et prenne davantage en considération les aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire (APAC). Pour l’IRI-RDC, la reconnaissance de ces dimensions constitue un levier essentiel pour promouvoir une gouvernance forestière plus juste, inclusive et respectueuse des liens historiques, culturels et spirituels que les communautés entretiennent avec les forêts.
L’IRI-RDC a également mis en avant le rôle stratégique que peuvent jouer les leaders religieux dans la sensibilisation, la mobilisation communautaire et le plaidoyer en faveur de la protection des forêts. Grâce à leur proximité avec les populations et à leur influence morale, les confessions religieuses peuvent contribuer à renforcer l’appropriation communautaire des politiques forestières et à promouvoir des comportements responsables en matière de gestion des ressources naturelles.
Des travaux en groupes pour approfondir les propositions
La deuxième journée de l’atelier a été principalement consacrée aux travaux en groupes thématiques. Les participants ont examiné en profondeur les différentes contributions compilées afin d’identifier les dispositions nécessitant des reformulations, des amendements ou l’introduction de nouvelles dispositions dans le projet de loi.
Ces travaux ont permis de confronter les différentes perspectives, de clarifier certains points de divergence et de rechercher des consensus autour des principaux enjeux de la réforme, notamment les droits coutumiers, la foresterie communautaire, l’inclusion sociale, la traçabilité des produits forestiers et l’observation indépendante.
Dans les différents échanges, l’IRI-RDC a réaffirmé son plaidoyer en faveur d’un cadre juridique qui place les communautés locales et les peuples autochtones pygmées au cœur de la gouvernance forestière, tout en assurant une meilleure prise en compte des valeurs culturelles et spirituelles associées aux écosystèmes forestiers.
La restitution des travaux en plénière a permis aux participants d’examiner et de valider un ensemble de recommandations consolidées. Celles-ci serviront de référence pour la poursuite du dialogue avec l’administration forestière et les différentes parties prenantes impliquées dans le processus de révision du Code forestier.
À travers sa participation à cet atelier, l’IRI-RDC réaffirme son engagement à accompagner le processus de réforme du cadre juridique forestier congolais, afin que celui-ci contribue effectivement à la protection durable des forêts, au respect des droits des communautés locales et des peuples autochtones pygmées, à l’équité sociale ainsi qu’à une gouvernance participative des ressources naturelles.
Cette participation s’inscrit également dans la dynamique de mobilisation et de plaidoyer portée par l’IRI-RDC en faveur d’une responsabilité collective pour la sauvegarde du patrimoine forestier de la République Démocratique du Congo, convaincue que la protection des forêts est indissociable de la protection des communautés, de leurs cultures, de leurs moyens de subsistance et de l’avenir des générations futures.


