IRI-RDC et Laudato Si’ : vers un cadre de collaboration pour renforcer la campagne « Pas de Forêts, Pas d’Avenir »

La protection des forêts, l’écologie intégrale, la mobilisation communautaire et le plaidoyer environnemental au centre des échanges entre l’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales en RDC et le Mouvement Laudato Si’.

L’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales en République démocratique du Congo (IRI-RDC) et le Mouvement Laudato Si’ envisagent de renforcer leur collaboration autour de la campagne nationale « Pas de Forêts, Pas d’Avenir ». Cette perspective était au centre d’une réunion de travail tenue le mercredi 21 octobre 2026, de 9 h 10 à 11 h 04, consacrée à l’identification des possibilités de partenariat pour amplifier la sensibilisation, la formation et le plaidoyer en faveur de la protection des forêts.

Présenter la campagne et identifier les possibilités de collaboration

La séance a permis à l’équipe de l’IRI-RDC de présenter son mandat, ses priorités et les orientations de la campagne « Pas de forêts, pas d’avenir ». Les échanges visaient à identifier les domaines dans lesquels les deux organisations pourraient mutualiser leurs compétences, leurs réseaux et leurs outils pour renforcer l’appropriation et la mise en œuvre de la campagne.

Trois priorités de l’IRI-RDC ont notamment été mises en avant : les droits fonciers et coutumiers, la participation citoyenne ainsi que le consentement libre, informé et préalable pour les décisions et les projets susceptibles d’affecter les droits des communautés locales.

Le chargé de campagne et le responsable de la communication ont également présenté la stratégie de la campagne, son guide national, sa stratégie de communication ainsi que les outils et supports disponibles pour la sensibilisation et la mobilisation.

À travers ces présentations, l’IRI-RDC a mis en évidence les possibilités d’utiliser ces ressources dans des actions conjointes avec Laudato Si’, notamment pour renforcer les capacités des acteurs communautaires et diffuser les messages de protection des forêts.

L’écologie intégrale, un levier de mobilisation communautaire

Au cours des échanges, les représentants de Laudato Si’ ont souligné l’importance de l’appel du Pape François à une conversion écologique, fondée sur le changement des habitudes, la responsabilité collective et le respect de la création. La spiritualité écologique a été présentée comme un levier permettant de sensibiliser les communautés à la protection de leur environnement et de faire de la préservation des forêts une responsabilité partagée. Les discussions ont également porté sur la nécessité d’adapter les messages aux réalités locales et de privilégier un langage accessible aux différentes communautés. Cette approche vise à faciliter l’appropriation des enjeux environnementaux par les populations, tout en tenant compte de leurs expériences, de leurs traditions et de leurs connaissances.

Les participants ont notamment insisté sur l’importance de faire ressortir les histoires vécues, les préoccupations, les témoignages, les savoirs traditionnels endogènes et les dimensions sacrées de la forêt. Ces éléments peuvent contribuer à renforcer le lien entre les communautés et leur environnement, mais aussi à donner davantage de sens aux initiatives de sensibilisation. La notion de dette écologique, abordée dans l’encyclique Laudato Si’, a également été évoquée comme une piste à explorer pour amplifier la mobilisation communautaire et nourrir les messages de plaidoyer.

Environnement, paix et dialogue entre les religions

La réunion a ouvert une réflexion sur la contribution des initiatives environnementales à la construction de la paix et au rapprochement entre les différentes traditions religieuses. Les participants ont souligné l’intérêt de mobiliser les communautés autour de la protection de la création, en mettant en évidence les responsabilités communes liées à la préservation des forêts et des ressources naturelles.

Dans cette perspective, les initiatives écologiques peuvent constituer des espaces de dialogue, de sensibilisation et d’action collective. Elles offrent également des possibilités de renforcer les liens entre les organisations religieuses, la société civile et les communautés locales. L’enjeu consiste à construire une mobilisation qui ne se limite pas à la transmission d’informations, mais qui favorise aussi le changement des comportements, l’engagement communautaire et la défense des écosystèmes.

Mutualiser les outils, les réseaux et les compétences

Parmi les pistes de collaboration évoquées figure l’association de Laudato Si’ à la préparation des actions de plaidoyer de l’IRI-RDC, à différents niveaux. Les participants ont également proposé de faciliter l’accès aux outils de l’IRI-RDC afin de renforcer les activités de sensibilisation et de formation en écologie éducative. L’intégration des outils de la campagne dans les sessions en ligne organisées par Laudato Si’ à l’intention des pays francophones a notamment été envisagée. Cette possibilité pourrait contribuer à élargir la diffusion des messages de la campagne au-delà des zones d’intervention actuelles de l’IRI-RDC.

Les échanges ont également porté sur la possibilité d’offrir une plateforme réunissant les différents acteurs afin de présenter la campagne « Pas de Forêts, Pas d’Avenir » et de renforcer leur engagement autour de ses objectifs.

Étendre la sensibilisation au-delà des zones d’intervention actuelles

Les zones d’intervention actuelles de l’IRI-RDC mentionnées au cours de la réunion comprennent le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Katanga et Kinshasa. L’extension des messages et des sessions de sensibilisation vers les provinces où l’IRI-RDC n’est pas encore présente a été identifiée comme une piste importante de collaboration. Pour y parvenir, les participants ont évoqué la nécessité de développer des initiatives conjointes adaptées aux réalités locales, de renforcer les réseaux d’animateurs et de mobiliser les organisations de la société civile. La communication a également été identifiée comme un axe essentiel de cette dynamique. L’organisation d’émissions de radio et de télévision, la diffusion de contenus sur les réseaux sociaux et le maintien d’échanges réguliers entre les partenaires figurent parmi les actions envisagées. L’objectif est de rendre les messages de la campagne plus accessibles, de toucher un public plus large et d’encourager l’engagement des communautés dans la protection des forêts.

À l’issue des échanges, deux actions urgentes ont été mises en avant : proposer un EMOI entre Laudato Si’ et l’IRI-RDC, et organiser un webinaire spécial consacré à l’agenda de la campagne « Pas de forêts, pas d’avenir ». Ces deux initiatives constituent des pistes immédiates pour poursuivre les discussions, préciser les domaines de collaboration et permettre aux partenaires de mieux s’approprier les orientations de la campagne. La formalisation d’un cadre de collaboration entre les deux structures apparaît ainsi comme une étape importante pour structurer les initiatives conjointes, organiser la mutualisation des outils et renforcer la coordination des actions de sensibilisation et de plaidoyer.

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