Les Forêts du Maniema en péril : Les leaders religieux membres de l’IRI et la société civile locale sonnent l’alarme
À Kindu, lors de la 1ère Conférence provinciale sur l’environnement, l’eau, l’agriculture et le tourisme, les leaders religieux réunis au sein de l’IRI Maniema et la société civile environnementale ont lancé un plaidoyer urgent à la Ministre de l’Environnement. Leur constat est sans appel : les forêts du Maniema subissent une pression sans précédent, menaçant l’équilibre écologique et le cadre de vie des communautés locales.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 36 % des forêts primaires ont disparu entre 2001 et 2024, soit environ 500 000 hectares. Cette dégradation est alimentée par l’exploitation illégale du bois, la production de charbon et l’expansion anarchique des activités minières. Les conséquences sont déjà visibles : pollution des rivières, destruction des habitats, conflits fonciers et marginalisation des peuples autochtones.
Face à cette urgence, les acteurs environnementaux ne se sont pas limités à dénoncer. Ils ont proposé des mesures concrètes : renforcer les contrôles, appliquer strictement les lois environnementales, promouvoir la foresterie communautaire et restaurer les paysages dégradés. Ils ont également demandé l’inclusion du Maniema dans le projet stratégique du Couloir vert Kivu-Kinshasa (CVKK), afin d’inscrire la province dans une dynamique nationale de protection des écosystèmes.
La ministre de l’Environnement a accueilli ce plaidoyer avec intérêt, promettant une synergie avec le ministère des Mines et le gouvernement provincial pour élaborer un plan d’aménagement du territoire. Elle a insisté sur l’importance d’éviter une exploitation minière désordonnée, comme observée ailleurs, et a encouragé les acteurs locaux à maintenir un contact permanent avec les services techniques. Reste désormais à traduire ces engagements en actions concrètes, car pour les populations du Maniema, l’avenir de leurs forêts est en jeu.